Rencontres

Rencontre avec Roméo NTAMAG : le 10 novembre 2015

    A l'heure où les migrants se heurtent aux frontières extra européennes et où les journaux abreuvent nos élèves d'informations et d'images dures et  souvent difficiles à comprendre, les enseignants d'histoire géographie et EMC ( Mme Bretécher Mme Parizotto, M. Delair, M. Franc et M. Lafontani) et Mme Commères (CPE) ont  organisé une rencontre pour tous les élèves du collège avec Roméo Ntamag Président de l'Association ARACEM ( Association des Refoulés d'Afrique Centrale au Mali) 

logo-sud-ouest  Article de Roland Houdaille du 13 novembre 2015

 

 

 

Roméo Ntamag l'a répété aux collégiens venus l'écouter mardi : « Allez à l'école, vous ne savez pas la chance que vous avez. Étudiez bien. » Et aussi : « Lancez-vous des défis, gardez toujours l'espoir et pensez aux autres. »

Nathalie Di Giusto, principale adjointe du collège, les professeurs d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique et la conseillère principale d'éducation ont jugé qu'une rencontre entre les collégiens et Roméo Ntamag, président de l'Association des refoulés d'Afrique centrale au Mali (Aracem) (1), valait bien une leçon d'éducation morale et civique. Car Roméo, qui séjourne actuellement à Aignan, « met les pendules à l'heure » sur les émigrés.

Un calvaire

Il raconte sa vie d'émigré, ses difficultés énormes, mais aussi ses défis, ses espoirs et son souci des autres. Parti à 15 ans du Cameroun pour pouvoir nourrir ses cinq petits frères et sa mère malade devenue veuve, il compte sur ses dons de footballeur. Au début, cela marche au Bénin. Mais le mirage du Maroc, puis de l'Europe, l'amène en prison alors qu'il s'est blessé en tentant de franchir un mur de barbelés.

Il est ensuite jeté au milieu du désert algérien, sans rien, avec 50 autres émigrés. 16 parviennent vivants au Mali, grâce au whisky donné par des Touaregs contrebandiers. Une jeune Belge le convainc de reprendre ses études abandonnées depuis trois ans. Son défi : s'inscrire en terminale. Il obtient le bac.

L'association Caritas (une branche du Secours catholique) l'envoie au Sénégal comme délégué mais il ne supporte pas le chauffeur, le costume, le luxe des hôtels alors que lui et d'autres dorment sur des cartons, dans un squat de Bamako, la capitale du Mali. Une Autrichienne le comprend et l'aide à fonder l'Aracem. L'association reçoit, chaque mois, dans son centre d'accueil de Bamako, 150 émigrés refoulés du Maghreb. Caritas a fourni les premiers fonds pour ce lieu. Mais Roméo voit plus loin. Il veut créer un grand centre d'accueil et de formation professionnelle. Il cherche des fonds pour ce projet car, pour lui, seule cette formation fera progresser l'Afrique et rester les Africains chez eux. Il espère que des Européens viendront quelque temps former des Africains.

Roland Houdaille

(1) aracem.canalblog.com

 

 

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par HELENE FARTHOUAT le 10 mars 2017 à 08:56

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